DROIT DE REPONSE A ELISABETH ROUDINESCO

En tant que pédopsychiatre, je tenais à réagir sous forme d’un droit de réponse aux propos outranciers et assez désobligeants tenus par Mme Elisabeth Roudinesco dans les colonnes de Libération (http://libe.fr/s/2012/10/04/-_850931) à l’égard d’un certain nombre de collègues et confrères qui n’ont pas l’heur de partager son enthousiasme au sujet des propositions de loi sur le mariage et l’ouverture de l’adoption à des couples de même sexe.
Je tiens à préciser d’entrée de jeu que je ne suis pas psychanalyste, bien que le service que je dirige dans l’Eure et Loir compte nombre de professionnels appartenant à des références théoriques très diverses et que ma culture première est celle de l’ « evidence based medecine ».

Les dix dernières années passées à la tête de mon service, dans un contexte de pénurie médicale nationale mais particulièrement criante en région Centre et encore davantage dans le département d’Eure et Loir (pénurie savamment orchestrée depuis plusieurs dizaines d’années par l’incurie de nos gouvernements successifs de toute tendance politique confondue) m’on donné le loisir de gérer avec un nombre extrêmement réduit de collaborateurs des demandes émanant de la moitié du département sans compter celles provenant de secteurs voisins également fort démunis. Ma file active qui doit également tenir compte d’une activité hebdomadaire de praticien attaché à l’hôpital Robert Debré à Paris, s’élève aujourd’hui à plus de 600 patients. Je dois avoir suivi depuis le début de mon activité quelques milliers de patients et leurs familles issus de milieux socio culturels extrêmement divers. J’ai eu tout le loisir de voir passer des familles de tout type : décomposées, recomposées, monoparentales et même homoparentales, j’ai également été confronté à plusieurs reprises à l’homosexualité de patients adolescents ou de leurs parents. J’ai passé plus de temps avec les patients et leurs familles que dans des salles de conférence, des centres de recherche , des salons parisiens ou devant les médias. Mon expérience est donc essentiellement celle d’un praticien de terrain et il me semble que suffisamment d’enfants vivent déjà des situations familiales compliquées sans que l’on ait besoin d’en encourager d’autres en les justifiant par une loi.

Tenant compte de cela , je puis d’abord avancer que mes très fortes réticences à l’égard du projet de loi présenté par Mme Taubira (lesquelles rejoignent celles de mes confrères le Dr Christian Flavigny et le Pr Maurice Berger) ne se fondent pas sur un quelconque fantasme apocalyptique mais sur une expérience de terrain concernant l’enfant et la famille.

Que Mme Roudinesco commence donc par nous épargner son couplet maintes fois ressassé sur la chasse aux homosexuels (c‘est un argument qui coupe un peu facilement court à tout débat). Pourquoi diable les psychiatres chercheraient-ils à persécuter les personnes homosexuelles? (je serais heureux qu’elle me donne son interprétation de psychanalyste sur la question). Y aurait-il quelque chose de particulièrement anormal ou déviant voire de pervers pour un professionnel de l’enfance à s’interroger d’abord sur le bien être de l’enfant lorsqu’il est question de légiférer sur l’adoption? Là encore il me semble que mon confrère le Dr Pierre Lévy-Soussan, spécialiste dans ce domaine et qui a suivi de très nombreux enfants adoptés et leurs familles peut peut-être s’autoriser de son expérience dans ce domaine.

Les propos cités comme quoi il n’y aurait plus ni de père ni de mère ne relèvent pas d’une quelconque hallucination ou interprétation paranoïaque de la part de mes confrères puisque le projet de loi prévoit bien de faire disparaître ces termes du code civil : aux yeux de la loi, il est donc bien prévu que les notions de père et mère disparaissent au profit d’un « parent » indifférencié. On ne peut nier par ailleurs que le concept de filiation peut poser problème dans un certain nombre de situations (j’ai personnellement connu un couple de femmes lesbiennes qui avait tenu à maintenir secrète l’origine paternelle de la fille de l’une d’entre elles. Dégâts assurés…) et qu’on ne pourra faire croire longtemps à un enfant qu’il est issu de deux hommes où de deux femmes, c’est un principe de réalité, et même en ayant accès à ses origines biologiques, il ne manquera sans doute pas de s’interroger sur la singularité d’une famille adoptive qui ne correspond ni à la réalité de ses origines, ni à celle que partagent la plupart de ses camarades.

Je n’aborderai la question du complexe d’Œdipe que sur la pointe des pieds, n’étant pas moi-même psychanalyste et n’adhérant que fort modérément au caractère universel de ce concept.
Je partagerais néanmoins volontiers l’avis de Mme Roudinesco lorsqu’elle déclare que « si un concept ne convient plus à une situation, alors il faut le modifier » je dirais plutôt en précisant : si un concept se trouve être en contradiction avec la réalité, alors il faut le repenser. Je m’interroge toutefois sur ce qu’ il peut rester de la psychanalyse lorsqu’on en évacue le complexe d’Œdipe. Il est vrai que Mme Roudinesco n’en est pas à une contorsion prêt lorsqu’il s’agit de sauver l’usage des pratiques psychanalytiques dans la prise en charge de l’autisme (tout en critiquant tout de même pour la forme ceux qui ont culpabilisé des générations de parents, de mères surtout), et de venir au secours d’un certains nombre de pratiques aussi discutables que le packing qui ne reposent sur aucun argument scientifique.
Elisabeth Roudinesco reprend comme le fait d’ailleurs le philosophe Luc Ferry l’argument de la réalité de l’existence des familles homoparentales sans se poser la question de savoir s’il est souhaitable que de telles situations soient reconnues et donc validées par la loi ce qui reviendrait à les encourager.
Cet argument repose sur une ignorance de la législation actuelle qui dispose de moyens comme la délégation d’autorité parentale, pour assurer une protection aux enfants élevés dans un contexte homoparental. Le terme d’homoparentalité recouvre d’ailleurs des situations extrêmement diverses et qui mériteraient d’être traitées au cas par cas plutôt que de faire l’objet d’une loi générale qui ne tiendrait pas compte de ces singularités. En réalité, il me semble que la législation actuelle qui veut qu’un enfant naisse d’un père et d’une mère protège celui-ci de la toute puissance déréalisante de certains adultes (pas forcément homosexuels d’ailleurs)

Mais le pompon dans toute cette histoire c’est lorsque Mme Roudinesco fait appel aux études sociologiques pour justifier sa position. (lorsqu’on sait quelle a été sa position en ce qui concerne les études portant sur l’évaluation des méthodes de prise en charge de l’autisme cela prête franchement à rire) Manifestement, il semble qu’elle n’ait pas appris à lire et à critiquer des études car à y regarder de près, la quasi-totalité de ces études souvent commanditées par des associations LGBT souffrent de très importants biais méthodologiques (échantillons trop faibles, biais de recrutement des familles à travers les associations militantes, biais d’évaluations réalisées par les parents eux-mêmes…tout cela est parfaitement exposé dans l’excellent article du Pr Maurice Berger paru dans le Figaro du 3 octobre dernier)

A ce sujet il faut savoir que même la célèbre Américan Académy of Pédiatrics est revenue sur ses déclarations en faveur de l’homoparentalité. Le Dr Sharon Quick, un de ses membres éminents a reconnu lors du procès en 2007 d’un officier d’état civil de l’Iowa qui avait refusé une adoption par un couple homosexuel, que le rapport technique de cette même organisation produit en 2002 et considéré comme probant pour un avis en faveur de l’adoption par deux personnes de même sexe avait été falsifié Elle retient que plus de la moitié des références scientifiques citées dans ce rapport l’étaient de façon inexacte (c’est-à-dire qu’on leur faisait dire autre chose que ce qu’elles disaient).

Plus récemment l’étude du sociologue américain de l’université d’Austin (Texas) Mark Regnerus, parue en juillet dernier dans la revue américaine social science research fait apparaitre des différences qui prêtent à réfléchir et incitent à la prudence entre les enfants élevés par une famille biologique intacte et ceux qui ont eu un parent homosexuel : comparés aux enfants de “famille biologique intacte”, les enfants aujourd’hui adultes dont la mère a eu une relation amoureuse avec une femme présentent 25 différences significatives sur 40 variables testées : ces différences témoignent entre autre de façon significative d’une plus grande instabilité matérielle et affective (moins bon niveau d’études plus forts taux de chômage, plus grandes difficultés à former un coupe stable, plus grand pourcentage d’abus sexuels pendant l’enfance, plus grand taux d’incertitude quant à l’orientation sexuelle)
On retrouvait également des perturbations semblables bien que moindres pour les enfants dont le père avait eu une relation homosexuelle.
L’intérêt de cette étude réside dans le fait que c’est une des rares à porter sur les conséquences observées à l’âge adulte chez des enfants ayant eu au moins un parent homosexuel et que c’est une des plus abouties sur le plan méthodologique, même si elle présente des limites par ailleurs reconnues par son auteur, elle incite à faire valoir le principe de précaution.

Selon Mme Roudinesco mes confrères seraient génés par le fait que « les homosexuels » (tous ?) auraient réussi à devenir des parents « comme les autres », ce que personne ne conteste (pour certain d’entre eux du moins). L’homosexualité ne rend pas stérile, en revanche lorsque l’on concevra ou que l’on engendrera d’une union homosexuelle, je pense qu’il sera temps de réunir l’ensemble de la communauté scientifique…
Ce qui les gène, dit elle encore, c’est la norme qu’ils prennent pour la déviance. L’homosexualité doit elle être considérée comme une norme? Et à quel point de vue? Scientifique? Sociétal? Il me semble que ces questions méritent tout de même un débat avant de faire de telles affirmations péremptoires et que l’on commence peut être à s’interroger sur ce qu’est l’homosexualité et les souffrances (pas seulement celles liées à un environnement réputé homophobe) qui y sont associées. Je signale qu’au cours de ces vingt dernières années alors que la société est devenue plus tolérante à l’égard des personnes homosexuelles, les taux de suicide chez les jeunes homosexuels, eux n’ont pas diminué.

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A propos servusethumilis

Très humble serviteur du Christ et de l'Eglise ainsi que de tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté...sans oublier leurs enfants puisque je suis pédopsychiatre.
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9 commentaires pour DROIT DE REPONSE A ELISABETH ROUDINESCO

  1. Je ne me prononce pas sur le débat de fond entre toi, cher Vincent, & Mme Roudinesco. Oui, oui, je connais l’auteur de l’article, chers autres lecteurs. En fait, c’est plutôt ce terme sempiternel de « souffrance » à propos de l’homosexualité qui m’interpelle… comme si ça n’était pas réversible ou que si ça l’est, ça l’est dans un cadre presque de guérison ou de violence envers soi, envers un élément qui appartient quoi qu’on en dise à la nature de la personne. Mon homosexualité, c’est comme mes yeux bleus, ma voix, mes qualités ou mes défauts…. tout ce qui fait que je suis UN et différent, UNIQUE. Supprimez ou modifiez un de ces éléments, et ce n’est plus vraiment moi : je serai un autre plus ou moins différent, mais en tout cas, plus tout à fait le même que celui qu’on connaissait par le passé. Même un changement d’un petit élément du corps produit un changement mental : je le vois chez mon père amputé d’un pied. Alors que dire d’une modification psychologique, surtout quand elle est reliée à un trait psychique qui n’est pas du tout pathologique voire même source de grande créativité et d’extrême sensibilité (dans le bon sens, en tout cas chez moi). A moins d’un accident de vie (maladie ou épreuve inattendue), personne n’a le droit d’agir sur ma vie pour me faire changer et de juger ce que je suis intimement… et que je considère positivement.

    Maintenant que j’ai pris pas mal de hauteur grâce à mon cheminement spirituel (bouddhique), je ne ressens plus mon homosexualité comme une souffrance depuis plusieurs années maintenant. Je trouve même que c’est un sacré atout. Je suis un homme avec une forte féminité mais sans exagération, naturelle. Je suis à la croisée de beaucoup de modes de comportement et de pensée, ce qui me permet de rester très ouvert et de n’avoir aucune certitude définitive : tout est modulable dans ma vie et ça me convient très bien. Dynamisme, liberté intérieure, empathie forte sont des traits dominants de ma personnalité. Suis moi tout simplement… & à la différence de ce que j’entends sur la relation homo en général, je me sens prêt et mûr pour construire un couple… sans enfant. Le couple gay est naturellement stérile & je ne le conçois pas avec une progéniture. Ca a toujours été mon opinion : le couple gay a ses limites biologiques. Point. Mais si les aléas de la vie me mettait à tout hasard un enfant à élever, je serai un éducateur aimant propre à transmettre une éthique solide au sujet du respect de la différence de penser et de se comporter, la base de la vie en société, en somme. Je vois les choses très simplement en fait. Je sais ce que je veux et refuse mais je ne contrôle pas tout. LOL !

    Enfin, après tout, ma vie est unique, et ce que je vis et vivrai n’engage que moi. Et si je dois réussir là où tant d’autres sont supposés échouer d’après les études, n’appartenir qu’aux exceptions, faire parie des rares couples homos harmonieux, eh bien tant mieux ! j’en relève le défi en croyant bouddhiste aguerri qui se lance des objectifs importants à réaliser. Le résultat final ne viendra comme à chaque fois que de ma sagesse intime et de mon discernement ainsi que, cette fois évidemment, de beaucoup d’amour pour mon compagnon.

    Namaste ! ❤

  2. Marc dit :

    Très bon article Vincent, juste dommage pour le complexe d’œdipe.

  3. Anne Aunyme dit :

    Excellent article ! N’hésitez pas à le relire pour corriger quelques fautes de frappe et de typographie 🙂

    J’apprécie particulièrement ça « « Les homosexuels peuvent devenir des parents comme les autres » ; personne ne le conteste : l’homosexualité ne rend pas stérile » !

  4. Andrea dit :

    Vincent, très bien. Seulement une petite précision : le complexe d’Oedipe est une réalité du developpement psycho-affectif de l’enfant. Quand cette étape ne peut pas être franchie, les dégâts sont garantis. Or, pour un enfant élevé par deux personnes de même sexe, l’étape est impossible à franchir et le développement de l’enfant s’en trouve forcément contrarié. Je trouve même étonnant que seulement 46% des enfants élevés par des homosexuel(les) soient en suivi pyschiatrique.
    Les études, même celle de Regnerus, sont trompeuses. Pour certains de ces enfants, derrière la froideur des chiffres, il y a de vraies catastrophes.
    Comment Elizabeth Roudinesco peut-elle se prétendre psychanalyste, voilà un mystère. Encore une qui s’est rabattue sur la psychologie uniquement parce qu’elle était trop mauvaise en maths pour prétendre à une filière scientifique, qui s’est crue « une littéraire » et qui n’a strictement rien compris à ce qu’elle a étudié ?

  5. Andrea dit :

    J’ajoute que Roudinesco s’est tirée une balle dans le pied en remettant en cause le complexe d’Oedipe. Soit ce n’est, comme le suggère, qu’un « concept » irréaliste, un joujou pour briller dans les salons, soit c’est une réalité. Si c’est une réalité, rien au monde ne peut l’effacer. Si ce n’est qu’un concept-gadget inutile, toute la psychanayse tombe avec.

  6. Dōseikekkon dit :

    ☞ « même la célèbre Américan Académy of Pédiatrics est revenue sur ses déclarations en faveur de l’homoparentalité. » ???

    C’est sans doute pour cela que sa prise de position de 2002 a été *réaffirmée telle quelle* en 2009…
    “Policy Statement: Coparent or Second Parent Adoption by Same Sex Couples. Pediatrics. 2002;109(2):339 –340. Reaffirmed May 2009”, ici :
    http://pediatrics.aappublications.org/content/125/2/e444.full.pdf

    N’est pas revenue non plus sur sa position en faveur de l’homoparentalité l’American Association of Psychiatry : http://www.psychiatry.org/File%20Library/Advocacy%20and%20Newsroom/Position%20Statements/ps2005_SameSexMarriage.pdf

    Ni non plus l’American Psychological Association : http://www.apa.org/about/policy/parenting.aspx

    Pas davantage l’American Psychoanalytic Association : http://www.apsa.org/About_APsaA/Position_Statements/Parenting.aspx

    etc.

    ☞ Quant à l’« étude » de Regnerus, renseignez-vous, elle prend l’eau…

    Lire par exemple ceci :
    http://www.impactprogram.org/wp-content/uploads/2012/07/Letter-to-the-editors-and-advisory-editors-of-Social-Science-Research.pdf

    qui a suscité, de la part de James Wright (l’éditeur de Social Science research) la demande d’un audit par le sociologue Darren Sherkat (qui fait partie du comité éditorial de SSR) relatif à la procédure de validation de l’article de Regnerus.
    Les conclusions de Sherkat, plutôt sévères, viennent de paraître dans le n° 41 de SSR :
    http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0049089X12001652

    Si on ajoute à cela que l’étude a été financée (800000 $ !) par le Witherspoon Institute — dont le directeur Luis Tellez est représentant de l’Opus Dei pour la région de Princeton — et que l’un des six ‘peer reviewers’ ayant autorisé la publication se trouve être un certain Bradford Wilcox, sociologue à Charlottesville (Virginie), *mais aussi*… cadre au Witherspoon Institute, vous comprendrez que le scandale qui s’annonce sur les méthodes des lobbies religieux pour instrumentaliser la science n’est pas des plus minces.

  7. Merci cher Döseikekkon pour tous ces liens que j’ai lus avec attention. et pour avoir corrigé mon enthousiasme sans doute un peu rapide sur la position de l’AAP, laquelle a pourtant été sérieusement remise en cause par un de ses membres éminents qui a pu témoigner de la falsification d’un certain nombre de rapports. Vous dites que l’on fait reproche à Regnerus d’avoir été financé par le Witherspoon Institute dont le directeur (horresco referens) serait membre de l’Opus Dei. Ce n’est un mystère pour personne que la plupart des études réalisées aux Etas Unis sont financées par des fonds privés, généralement associatifs. Qu’une étude de sociologie soit financée par une association qui cherche à promouvoir la famille n’a rien de surprenant quant à l’appartenance de son directeur à l’Opus Dei, se pose-ton de telles questions lorsque le directeur de telle ou telle association appartient par exemple à la franc maçonnerie?
    En ce qui concerne les positions des différentes associations américaines de professionnels on ne peut pas objectivement reconnaître qu’elles sont neutres. En ce qui concerne l’APA qui est sans conteste celle qui adopte la position la plus militante, il y a de quoi s’interroger sur la position des membres de la commission chargée des études sur l’homoparentalité (• Le Directeur: Dr. Armand Cerbone. Un activiste homosexuel. Lui et son compagnon ont fondé la Society for the Psychological Study of Lesbian, Gay, and Bisexual Issues (connue comme la Division 44 de l’APA). Récompensé par le Chicago Gay and Lesbian Hall of Fame.
    • Dr. Beverly Green, éditeur de la publication homosexuelle Psychological Perspectives on Lesbian and Gay Issues, entre autres.
    • Dr. Kristin Hancock, auteur du Hancock Guidelines for Psychotherapy with Lesbian, Gay, and Bisexual Clients et de plusieurs publications homosexuelles. Membre de la Division 44.
    • Dr. Lawrence A. Kurdek, qui a écrit pour la publication homosexuelle Contemporary Perspectives on Lesbian, Gay, and Bisexual Psychology.
    • Dr. Letitia Anne Peplau. Auteur de plusieurs livres sur l’homosexualité, le lesbianisme et l’idéologie de genre.
    • Dr. Candace A. McCullough, une lesbienne connue pour sa relation avec sa compagne, puisque toutes les deux sont sourdes, et de qui la presse a beaucoup parlé en 2002 pour tenter – et obtenir – au moyen d’une insémination artificielle que le fils de sa compagne fût sourd. Pour la deuxième fois, la compagne de McCullough a été inséminée artificiellement en utilisant cette fois un donateur sourd en vue d’augmenter les possibilités de ce que l’enfant fût aussi sourd. La première fille (Jehanne, de 7 ans) est totalement sourde, le deuxième (Gauvin, 2 ans), a seulement une petite audition dans une oreille. Selon celles-ci, être sourd est «une forme de culture».
    Comme nous le voyons, toutes ces personnes n’ont pas qu’une simple conduite homosexuelle dans leur vie affective (ce qui pourrait expliquer leur intérêt pour ce sujet, mais ne pas compromettre nécessairement leur impartialité), mais ce sont des activistes du mouvement gay hautement compromis pour la promotion de quelques idées très concrètes. Par conséquent, on ne peut soutenir que le groupe de travail chargé de ce sujet soit totalement indépendant et qu’il soit mû par des intérêts uniquement scientifiques)
    Concernant la controverse sur Regnerus, le fait de n’être pas du sérail de ceux qui s’occupent habituellement des études LGBT est un argument plutôt spécieux, la deuxième partie concernant la critique méthodologique me paraît en revanche bien plus intéressante, même si elle ne suffit pas à mon avis pour invalider cette étude dont la méthodologie reste néanmoins supérieure aux précédentes.
    J’avais trouvé par ailleurs assez intéressante la critique qu’en faisait William Saletan dans Slate (http://www.slate.com/articles/health_and_science/human_nature/2012/06/don_t_let_criticism_of_the_new_gay_parents_study_become_a_war_on_science.html) même si je ne partage pas ses conclusions très optimistes sur le fait que le mariage stabiliserait les couples de même sexe. Rien en effet ne permet d’affirmer que le mariage rend les couples plus stables et les études scandinaves sur le sujet montrent que les couples de même sexe même mariés, restent plus instables que les couples homme-femme.( http://www.uni-koeln.de/wiso-fak/fisoz/conference/papers/p_andersson.pdf)

  8. Catherine dit :

    Fichtre, je cherchais depuis deux semaines avec acharnement sur le web des articles un peu sérieux et argumentés sur les études sur l’homoparentalité (je n’avais pu lire à ce stade que le résumé de l’étude Regnerus), la presse survolant vraiment hélas sans beaucoup de nuance ce débat.
    Je suis gatée au delà de mes espoirs. Merci beaucoup.

  9. ELQ dit :

    D’abord merci pour cet article très intéressant, comme les autres d’ailleurs !
    Concernant la remarque finale : « au cours de ces vingt dernières années alors que la société est devenue plus tolérante à l’égard des personnes homosexuelles, les taux de suicide chez les jeunes homosexuels, eux n’ont pas diminué », quelle est votre source ?

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