LE LOUP DE GUBBIO, LES VEILLEURS ET LE PAPE FRANCOIS

Notre nouveau pape a décidément été bien inspiré de placer son pontificat sous le patronage de saint François d’Assise. Récemment, dans une homélie il prononçait les paroles suivantes : Il n’y a pas de place pour la prudence lorsqu’il s’agit d’annoncer la bonne nouvelle

L’Evangile raconte que des disciples trouvant le langage de Jésus trop dur, décident de s’éloigner. Ils nourrissaient probablement une certaine admiration pour Jésus, mais de loin. Les chrétiens de ce type ne marchent pas en présence de Dieu et ne font pas grandir l’Eglise. Ce sont des chrétiens qui font preuve de bon sens et qui prennent leur distance. Contrairement aux chrétiens qui témoignent jusqu’au martyre, ces chrétiens tièdes suivent le sens commun et la prudence mondaine. Or, cette prudence mondaine est une tentation. Que le Seigneur nous libère de la tentation du « bon sens », de la tentation de murmurer contre Jésus parce qu’Il est trop exigeant.
Il me semble que cette vigoureuse admonestation convient assez bien pour décrire notre situation actuelle, résultante de trop de tiédeurs et de compromissions inspirées par le bon sens mondain.

La vie de saint François est émaillée de nombreux exemples de résistance à cet esprit du monde dont l’un des plus célèbres est pour moi l’explication de la joie parfaite à frère Léon (http://www.missa.org/joie_parfaite.php)
Cependant c’est un autre épisode singulier de la vie du poverello qui m’est récemment revenu à la mémoire après l’étrange retournement de situation survenu dimanche soir lors de la veillée organisée par les veilleurs pour la famille.
Cette organisation pacifique et spontanée qui trouve son inspiration dans les préceptes non violents de Gandhi mais également aux sources de la culture et de la sagesse occidentale se réunit maintenant depuis plusieurs jours après chaque manifestation. On y partage des moments de beauté et de réflexion autour de textes et de poèmes de toutes origines portant sur la famille, l’humanité, la notion de résistance spirituelle, de combat politique au sens le plus noble du terme dans une atmosphère où les convictions sont calmement affirmées avec une volonté de pacification d’abord intérieure (il s’agit de faire taire en nous la colère sans renoncer à l’idéal, de prendre conscience que nous nous battons POUR des valeurs que nous affirmons avec sérénité et non contre des personnes) mais qui cherche peu à peu avec force et douceur à se communiquer toujours dans l’amour et le respect de l’adversaire.
C’est mercredi dernier que j’ai découvert avec bonheur ces veillées organisées par une toute petite poignée de jeunes qui chaque soir, tentent de s’extraire du vacarme provoqué par les manifestants qui s’attardent en cherchant l’affrontement avec les forces de l’ordre, emportés par la colère qu’ils laissent monter en eux et qu’ils entretiennent. Commençant la veillée par le chant de l’espérance, murmuré dans l’ombre, on dirait qu’ils chantent une berceuse à un enfant malade pour le rassurer, comme s’ils s’étaient rassemblés là au chevet de la France qui souffre de se voir ainsi méprisée et défigurée par ceux qui la gouvernent.
On sait que les veilleurs ont été dès leur premier rassemblement victimes de violences policières, que 67 d’entre eux avaient été conduits de force au poste de police et mis en garde à vue. Tous les soirs, les responsables engagent un bras de fer pacifique avec les forces de l’ordre pour pouvoir rester jusqu’à l’heure fixée à l’avance à l’ensemble de ces manifestants de la paix dont le mot d’ordre est de respecter une discipline exemplaire.
Or ce dimanche soir, après une veillée marquée par un magnifique solo de violoncelle et la lecture de textes du résistant italien Gramsci, de Soljénytsine et de du Bellay entre autres, les organisateurs sont prévenus par SMS qu’un groupe d’environ 200 veilleurs se trouve bloqué avenue de Breteuil, la police leur refusant l’accès à l’esplanade des invalides. Après une première tentative vaine de négociation pour demander qu’on les laisse passer, Axel, l’un des principaux organisateurs propose alors aux gendarmes mobiles qui nous entouraient de nous laisser les rejoindre ce qui nous sera finalement accordé après un bref échange, la résistance et l’hostilité cédant soudain à la détermination pacifique des veilleurs qui entonnant à mi voix le chant de l’espérance se sont levés et escortés par des gendarmes désarmés du moins intérieurement, ont rejoint le groupe de l’avenue de Breteuil pour quelques minutes de partage avant une dispersion dans le calme.
Petit miracle pour les uns, grande victoire politique pour d’autres, cette victoire de la douceur et de la paix déterminée m’a rappelé l’épisode du loup de Gubbio, cet animal féroce qui ravageait la région de cette ville d’Ombrie, dévorant les troupeaux et s’attaquant aux habitants. A leur demande, saint François n’avait pas craint de s’en approcher. On dit qu’avec douceur mais détermination il n’hésita pas à faire à l’animal des reproches sur sa conduite pour finir par passer avec lui un marché : s’il protégeait les troupeaux et les habitants de la ville, ceux –ci s’engageait à ne plus le pourchasser et à le nourrir jusqu’au restant de ses jours. Et c’est dit-on ce qui arriva…
Cet épisode de la vie de François résonne pour moi comme une parabole. Notre loup de Gubbio, aujourd’hui c’est le gouvernement et ses sbires. Si nous voulons qu’il cesse de ravager la France, il nous faut d’abord le courage et il faut bien le dire aussi un peu de la folie de saint François pour oser l’affronter avec amour et détermination. Notre loup ne pourra nous écouter que s’il nous sent prêt à l’accueillir, sans peur avec douceur et fermeté.

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SUPPLIQUE AUX DIRIGEANTS DE « LA MANIF POUR TOUS »

 

Une certaine intimité que j’entretiens, de par ma foi catholique et mon éducation, avec la culture biblique m’a amené récemment à considérer la façon souvent déconcertante dont les prophètes agissent pour transmettre au peuple des croyants et à ses dirigeants un message divin. En effet, les exemples ne manquent pas chez les prophètes d’Israël d’attitudes incompréhensibles, souvent en apparence irrationnelles, destinées à faire comprendre au peuple et à ses chefs qu’ils marchent dans la mauvaise direction. Du célibat de Jérémie aux périodes de mutisme d’Ezechiel en passant par l’histoire conjugale d’Osée, qui choisit volontairement d’épouser une prostituée, les prophètes parlent autant par les actes qu’ils posent que par leur discours, qui prend souvent l’opinion dominante à contrepied… Plus tard  le Christ des évangiles n’hésitera pas lui aussi à étonner ses contemporains par ses actes, et dans l’histoire du christianisme on verra de nombreux saints, comme un Philippe Neri ou même un saint François d’Assise, adopter de telles attitudes déconcertantes destinées à faire réfléchir.

Dans ma vie, j’ai eu l’occasion de croiser de très rares fois de tels prophètes, qui savaient aller à contre-courant d’une pensée dominante, qui semble juste en apparence mais en apparence seulement, pour dénoncer, souvent à la consternation de tous, le ver qui se cache dans le fruit. Il ne suffit pas en effet qu’une cause soit juste pour être défendue. Encore faut-il aussi que les moyens et les arguments avec lesquels on la défend soient justes et adaptés pour être efficaces.

Philippe Arino fait partie de ces êtres d’exception. Professeur d’espagnol en lycée professionnel, essayiste, homosexuel lui-même, il développe à travers ses ouvrages une vision sans concessions mais animée d’une réelle charité sur l’homosexualité, comme en témoigne son dernier ouvrage, « L’homosexualité en vérité ». Philippe Arino s’est également illustré par les conférences qu’il a commencé à donner un peu partout en France depuis le mois de septembre 2012, ayant pris un an de congé sabbatique pour mieux faire connaître, notamment dans les milieux chrétiens mais pas seulement, son expérience et son point de vue iconoclaste sur l’homosexualité.

Lorsque, à la suite de l’élection de François Hollande à la présidence de la République, on a commencé à parler d’un projet de loi autorisant le mariage pour les couples de même sexe, il a été dans les tout premiers à s’engager contre. C’est notamment par son intermédiaire que j’ai assisté au Sénat à la présentation d’un avant-projet par la sénatrice EELV Esther Benbassa.

Aussi, lorsqu’au lendemain de la manifestation du 13 janvier dernier, que tous présentaient comme un succès, il dénonçait sur son blog (http://www.araigneedudesert.fr/page/temoignages.html) « une manif homophobe finalement », ce fut une première consternation. Je cite la phrase résumant son impression : « La Famille a occupé le haut du pavé, alors que nous savons très bien que c’est au nom de l’« amour » homosexuel, au nom de la reconnaissance de l’homosexualité, et par les personnes homosexuelles, que cette loi du « mariage pour tous » risque de passer comme une lettre à la Poste ».

Plus récemment, sa décision annoncée de ne pas participer à la manifestation du 24 mars a fait l’effet d’un coup de tonnerre, et nombreux sont ceux qui depuis ont tenté – sans succès – de le faire changer d’avis.

Ce geste devrait, je pense, nous amener sérieusement à réfléchir à la façon dont nous avons jusqu’à présent mené notre action. Je résumerais l’argumentaire de Philippe en 3 points :

1)      C’est au nom des personnes homosexuelles que l’on est entrain de faire passer la loi sur le mariage pour tous. Il aurait donc été logique que nos porte-parole soient majoritairement des personnes homosexuelles ;

2)      C’est au nom de l’amour homo et de la reconnaissance de l’identité homosexuelle que la loi Taubira est en train d’être validée socialement. Il est donc nécessaire que soit porté un jugement de valeur sur « l’amour homosexuel » afin de pouvoir contrer l’argument relativiste sur lequel repose l’ensemble de ce projet : « la différence des sexes n’a aucune importance pour l’amour », autrement dit « l’amour n’a pas de sexe » ;

3)      Les anti-mariage-pour-tous n’ont pas su rejoindre le faible argumentaire affectif des pro-mariage-pour-tous (pourtant basé sur 5 mots qu’ils sont bien incapables d’expliquer : « droit » – « Égalité » – « progrès » – « homosexualité » – « homophobie »). Ils ont préféré partir de ce qu’ils savaient (et qui est juste sur le papier), plutôt que de ce que croient les défenseurs du projet de loi. Ils ont finalement mis la Vérité avant les personnes et la Charité.

Sur le premier point, reconnaissons que les précédents qui se sont produits en Europe tendent à lui donner raison. Si la Belgique n’a pas connu de forte opposition au projet de loi de mariage pour tous, l’Espagne en revanche a connu une forte mobilisation, avec plus d’un million de personnes dans les rues et la participation plus qu’active de l’ensemble du clergé. Le nombre n’a donc pas suffi à faire plier le gouvernement espagnol. Je reviendrai plus tard sur la critique des arguments que nous avons utilisés, mais pour ce qui est simplement de la forme, je pense qu’il aurait été approprié de laisser les personnes homosexuelles qui étaient contre ce projet être nos porte-parole. Imaginons la force symbolique d’une foule menée majoritairement par des personnes homosexuelles contre un projet de loi qui aurait été conçu pour elles. Quel hommage également rendu à ceux et celles qui, parmi les personnes homosexuelles, ont pris de gros risques en prenant ouvertement position contre ce projet que de les mettre en tête de cortège et de leur laisser prioritairement la parole. Une belle occasion manquée ! Nous savons par ailleurs que si cette loi passe, ce sont les personnes homosexuelles qui en seront avec les enfants les premières victimes. Il n’est que de voir l’augmentation des actes homophobes dans les pays où le mariage homosexuel a été autorisé : viols correctifs de lesbiennes en Afrique du sud, augmentation des agressions à caractère homophobe en Belgique. Lors de la première réunion du collectif en octobre, je me souviens avoir mis en garde sur l’importance de prendre en compte la souffrance des personnes homosexuelles qui servait incontestablement de support à cette loi, faisant même un parallèle avec la loi sur l’avortement et la souffrance des femmes enceintes en situation de détresse, trop négligée par les opposants à la loi Veil.

Sur le deuxième point, je pense qu’il faut avoir le courage de dire la vérité, comme j’ai eu l’occasion de la dire lors de différents débats et tables rondes auxquels j’ai participé, même si cette vérité n’est pas « politiquement correcte » : toutes les orientations sexuelles ne se valent pas. Ce n’est ni moi ni Philippe Ariño, ni même une quelconque morale, qui portons un jugement de valeur sur la réalité du désir homosexuel : ce sont simplement les faits. L’étude de Gunnar Anderson sur les taux de divorce des couples dans les populations scandinaves montrent que les couples de même sexe sont moins stables que les couples hommes-femmes, même dans les pays où le mariage est autorisé pour les couples de même sexe. Cette tendance se maintient alors que la loi a été promulguée depuis presque 20 ans. Si les couples d’hommes semblent un peu plus stables que les couples de femme, l’infidélité y est en revanche beaucoup plus élevée que pour les couples homme-femme. Ceux qui se sont penchés sur ce phénomène semblent avoir trouvé l’explication dans le fait que, indépendamment même de l’orientation sexuelle, la psychologie et les besoins affectifs de l’homme et de la femme sont en quelque sorte mieux ajustés pour une personne de l’autre sexe que pour une personne de même sexe. Il est intéressant de constater que le matraquage que nous subissons depuis des années à travers les médias nous a fait perdre la conscience d’un certain nombre de réalités fondamentales concernant l’amour, l’homme et la femme, au point de nous faire oublier (ou de nous interdire de dire, ce qui est pire) que la différence des sexes n’est pas un simple détail dans une relation amoureuse, ce qui ne revient pas à nier la réalité que peuvent vivre certains couples homosexuels, mais consiste simplement à remettre les choses à leur juste place. Certains trouvent le discours de Philippe Arino sur ce sujet trop difficile à entendre, trop peu porteur, voire carrément inaudible, et voudraient qu’il se contente des officines religieuses et des arrière-boutiques des sacristies. Irons-nous donc jusqu’à penser qu’on ne peut mener de bonne action politique qu’avec des mensonges ou des demi-vérités ? Ne serait-ce pas faire le jeu d’une politique politicienne et démagogique que nous dénonçons ? Pour ma part, je pense que la vérité est toujours audible lorsqu’elle est administrée avec patience et persévérance comme un remède et non assénée comme une arme. Or nous sommes face à une société malade et intoxiquée qui a plus que jamais besoin d’un remède pour se réveiller.

J’en viens au troisième et dernier point, celui qui concerne les arguments. Il faut bien reconnaître que les arguments des partisans du mariage pour tous sont d’une grande indigence pour quiconque sait utiliser sa raison. Je m’en suis fait récemment la remarque en discutant avec des philosophes comme Thibaud Colin et François-Xavier Bellamy. Le problème est que les arguments rationnels n’atteignent absolument pas les partisans du « mariage pour tous », qui se trouvent englués dans une confondante sincérité et où l’émotionnel l’emporte de loin sur le rationnel. Tout tourne autour des mots « droit », « Égalité », « progrès », « homosexualité », « homophobie ». Du coup, on assiste depuis le début à un véritable dialogue de sourd. On n’ose plus rappeler que le droit concerne des personnes, pas des orientations sexuelles, que le mariage est, comme le rappelait jadis Elisabeth Guigou, l’institutionnalisation de la différence des sexes mais qu’il ne concerne pas une orientation sexuelle plus qu’une autre, que toute évolution n’est pas forcément un progrès, que l’homosexualité est une blessure dont les personnes homosexuelles sont les premières victimes, et que la souffrance qu’elle engendre n’est pas le seul fait du regard de la société (la proportion de suicides chez les jeunes homosexuels n’a pas diminué depuis le milieu des années 80 malgré une évolution et un regard nettement moins stigmatisant de la société), et enfin que l’homophobie concerne des actes violents commis contre des personnes homosexuelles et non un discours critique sur des pratiques ou les limites d’un désir (parler de limites ne consiste ni à en nier l’existence ni à en nier la valeur). Quant au discours qui a pris le pas sur le précédent, celui des conséquences pour l’enfant, non seulement les partisans du mariage pour tous le prennent pour un prétexte (Ont-ils vraiment tord ? je pense personnellement que oui mais je ne suis pas persuadé que cela n’en soit pas un pour beaucoup d’opposants), mais en plus ils s’en moquent éperdument. J’en veux pour témoignage la réaction d’Erwann Binet – qui m’a été rapportée par Béatrice Bourges – lors de l’entrevue qu’il a eu avec Aude Mirkowic, au cours de laquelle celle-ci soulevait un certain nombre de points juridiques épineux conséquences de la loi concernant la filiation. Réponse d’Erwann Binet : « On trouvera bien une solution… »

Dans la Bible, les prophètes posent des actes pour susciter une réflexion et, par là même, une conversion. Il n’est pas certain qu’ils cherchent à être imités, ni qu’il faille le faire. A chacun de se déterminer suivant sa conscience.

Philippe Arino n’ira pas manifester le 24 mars. Pour autant, son combat, qui dépasse largement celui de la Manif pour tous, n’est pas terminé. Sa réflexion peut et doit nourrir notre action.

Je me démarquerais peut-être de son propos sur un dernier point : je ne pense pas qu’il soit trop tard pour changer, je ne crois pas non plus que ce combat soit inutile.

 

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DES LECONS D’AMOUR EN ACTES OU L’ENSEIGNEMENT DU SAINT-ESPRIT

Plus j’examine la vie des papes contemporains à commencer par les deux derniers, plus je découvre que la sollicitude de l’Esprit Saint à l’égard de l’Eglise s’exprime non seulement dans leur parole mais surtout dans leurs actes.
Peut-on imaginer personnalités plus différentes que celle du rayonnant et médiatique Jean-Paul II dont la parole tenait du feu dévorant et celle du discret Benoit XVI à la pensée profonde et fulgurante mais exprimée à travers une parole humble comme celle de la flamme de la vérité qui luit doucement dans les ténèbres du monde ?
On serait tellement tenté de les opposer et pourtant chacun à sa façon a porté au monde le message dont son époque avait besoin.
Ce message ne s’est pas exprimé uniquement dans les paroles et les écrits mais au moins autant dans les actes, car ce n’est pas seulement dans des paroles si sincères si belles et si vraies soient-elles que l’Amour s’exprime mais dans les actes.
En voulant porter jusqu’au bout le poids de sa charge pontificale, par sa lente agonie et son courage face à la maladie, Jean Paul II a montré au monde que la dignité humaine ne s’efface pas face à la souffrance, que la vie humaine est belle et vaut d’être vécue jusqu’au dernier instant. Formidable et ultime enseignement d’un très grand pape face à une humanité pour laquelle certaines formes de vie ne vaudraient plus d’être vécues et qui considère comme indigne de vivre celui qui souffre.
En démissionnant de cette même charge pontificale, Benoit XVI nous offre également un enseignement en actes incomparable. Un enseignement pour le temps d’aujourd’hui car c’est d’abord pour aujourd’hui que cet acte est prophétique. En un temps où se répand une idéologie constructiviste qui conduit l’homme à sortir du réel et à décider seul et dans une toute puissance absolue de sa vie de sa mort, voire même de son sexe, Benoit XVI nous ramène simplement à la réalité de nos limites humaines, à celle de l’âge et de son poids, et il en tire, avec l’immense amour qu’a toujours eu cet humble serviteur pour l’Eglise, les conséquences qui s’imposent. Formidable leçon d’un véritable amour.

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MARIAGE ET SOCIETE-MARIAGE ET PARENTE

« Le mariage, c’est l’institutionnalisation de la différence des sexes » (Elisabeth Guigou)
Le récent projet de loi sur le mariage suscite d’importantes controverses. Afin de mieux en comprendre les enjeux il n’est pas inutile de rappeler que le mariage n’est pas un simple contrat (c’est-à-dire un accord entre personnes) mais une institution c’est-à-dire, comme l’entend la définition même de ce mot, une règle qui régit le fonctionnement de la société.
Ainsi, le mariage n’est pas seulement un acte qui se contente de lier deux personnes entre elles, mais qui crée des liens entre le couple ainsi créé et la société qui lui confère un statut particulier en tant que cellule de base. Le couple formé d’un homme et d’une femme est donc déjà à lui seul une mini société (de fait on peut considérer que le couple formé de l’homme et de la femme est la plus petite société capable de résumer l’humanité dans sa différence et sa diversité fondamentale qui est celle des sexes).
Qu’on le veuille ou non, le mariage civil ainsi définit, du fait même de sa dimension institutionnelle a une dimension religieuse au sens horizontal du terme, celui qui signifie relier. Dans ce contexte, il peut sembler compréhensible que des personnes qui se sentent négligées (le mot négligence est étymologiquement l’opposé du mot religion) ressentent le besoin d’être reconnues et d’une certaine façon reliées à la société. Ainsi la demande faite par certaines personnes homosexuelles qui demandent le mariage est sans doute de nature plus religieuse qu’il n’y paraît bien qu’elles insistent sur le fait que leurs revendications ne concernent que le mariage civil.
Pourquoi alors et sur quels arguments refuser le mariage à deux personnes de même sexe ? Il me semble qu’il faut partir du sens même du mariage et de son articulation avec la réalité. L’humanité connaît une division fondamentale : celle des sexes. Le sens même de la sexualité repose sur cette division même. L’union de l’homme et de la femme représente et résume en quelque sorte l’humanité.
Ainsi si au cours des siècles les différentes sociétés qui se sont succédées on pu considérer voire parfois reconnaître plus ou moins officiellement différentes orientations sexuelles (l’homosexualité ne date pas d’hier) elles n’ont en revanche jamais érigé au rang d’institution un autre type d’union que celle de l’homme et de la femme (à tous le moins pour les sociétés qui reconnaissaient officiellement l’union de deux personnes de même sexe, ce type d’union n’était jamais mis sur le même rang). Pourquoi un tel choix ? Simplement parce qu’il relève du simple principe de réalité. Réalité de la division du genre humain en deux sexes complémentaires et non interchangeables, réalité du sens de la sexualité, réalité de la capacité à procréer et à assurer une filiation du couple homme femme.
J’ai l’impression ici de proclamer des évidences qui ne semblent malheureusement plus avoir cours pour tout le monde. Ainsi un courant de pensée relativiste très en vogue actuellement se plait à comparer l’orientation sexuelle à la latéralisation et à considérer que le fait que la société se soit organisée autour du couple homme femme et qu’elle ait privilégié ce modèle ne correspond qu’à un choix tout à fait arbitraire imposé à une minorité par la majorité (de la même façon que les droitiers auraient arbitrairement imposé aux gauchers minoritaires le sens de l’écriture de la gauche vers la droite et autres conventions concernant la vie sociale et relationnelle. Si donc la place accordée à l’homosexualité dans la société ne relève que de l’arbitraire, les personnes homosexuelles se sentiraient donc à bon droit discriminées et fondées à faire évoluer la société dans un sens plus égalitaire. Sauf que le couple homosexuel évacue la différence fondatrice des sexes dans toutes ses dimensions qu’elles soient physiques ou psychologiques. A considérer donc qu’un homme vaut une femme et réciproquement on peut également se demander quelle est la valeur du combat des féministes pour obtenir par exemple la parité en politique ?
Etonnamment d’ailleurs, les adolescents qui m’ont fait part de l’émergence en eux d’un désir homosexuel ont généralement parfaitement saisi le conflit qui existe entre la nature de leur désir et la nature même de la sexualité. Certains m’objecteront ici la pression sociale d’une société « hétéronormée » selon la terminologie en vigueur, je pense pour ma part qu’il s’agit simplement de la prise de conscience d’un désaccord avec le réel, comme en témoignait une confidence écrite par un jeune patient de quatorze ans au parcours institutionnel difficile m’évoquant son attirance pour les garçons et ses premiers passages à l’acte homosexuels tout en faisant remarquer qu’ayant constaté sur lui les premiers signes de la puberté, il devait faire attention parce qu’il risquait d’avoir des enfants…
Cette différence des sexes qui est loin d’être un détail pour le couple n’en est pas un non plus lorsqu’il s’agit de l’enfant.
Il n’est peut être pas inutile de rappeler que plus de 75% des enfants vivent encore en France avec leurs deux parents. La structure familiale père-mère –enfant(s) est donc de loin la plus nombreuse et n’est pas encore prête à disparaitre.
Certes comme le faisait remarquer lors de son allocution à l’Assemblée Nationale le député martiniquais Bruno Nestor Azérot, le mariage met actuellement davantage l’accent sur les sentiments que sur la fondation d’une famille, toutefois on voit encore beaucoup de couples « régulariser » leur union après la naissance d’un ou de plusieurs enfants, souvent par volonté d’apporter à ces derniers un cadre plus sécure.
On sait par de nombreuses études que les interactions entre l’enfant et son père sont qualitativement très différentes des interactions entre l’enfant et sa mère. Même lorsque c’est le père qui est le référent parental principal, il ne s’occupe pas de l’enfant comme le ferait une mère (voir l’interview que j’ai donnée pour le rouge et le noir http://www.lerougeetlenoir.org/les-inquisitoriales/vincent-rouyer-pedopsychiatre-sur-le-mariage-pour-tous ainsi que l’excellent article de Koz sur ce sujet http://www.koztoujours.fr/?p=15204)
Cette richesse est indéniable et incontestable, même si nous connaissons tous des personnes qui s’en sont bien tirées alors que leur manquait un référent paternel ou maternel (ils n’ont pas forcément moins souffert pour autant)
J’achèverais cet exposé par une anecdote rapportée par une éducatrice de mon service à propos de son fils de 6 ans. Il y a quelques temps la famille s’était rendue en Ecosse pour assister à l’union civile d’un cousin avec son compagnon. Belle cérémonie très solennelle où les deux compagnons étaient revêtus de la tenue traditionnelle écossaise suivie d’une grande fête. Plusieurs mois plus tard, de façon impromptue, l’enfant aborde sa mère et lui dit : « tu sais, moi je ne veux pas aller vivre en Ecosse » (peut être la famille avait elle émis un moment cette éventualité. Questionnement de la mère : Ah bon, Pourquoi ? Réponse de l’enfant : « parce que j’ai pas envie de me marier avec un garçon… »
Et si la vérité sortait juste de la bouche des enfants ?

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CE QU’AUCUNE ETUDE NE VOUS DIRA :

Roberto Oscar Lopez, maintenant âgé d’une quarantaine d’années a été élevé par sa mère lesbienne et la compagne de cette dernière à Buffalo dans l’état de New York. Il témoigne ici de ce qu’à été son enfance, son adolescence et son parcours de vie d’enfant « différent », bien qu’il prenne soin de préciser qu’il n’a pas été l’objet de stigmatisation de la part de son entourage « sociétal ». un son de cloche différent de celui des témoignages soigneusement sélectionnés par le rapporteur Erwann Binet :

Élevé avec 2 mères: le point de vue inconnu de l’enfantLes enfants eleves par des couples de même sexe ont un chemin difficile devant eux — je le sais car j’en suis un. La dernière chose qu’on doit faire, c’est qu’ils en arrivent a se sentir eux-mêmes coupables de leur situation. Cette pression leur est difficile et ils se sentent étranges.
Entre 1973 et 1990, quand ma mère que j’aimais beaucoup est morte, elle et son amante m’ont élevé. Elles avaient chacune leurs propres maisons dans la ville, mais pendant les Week-ends, elles passaient leur temps ensemble, avec moi, dans une maison caravane discrète située dans un parc à 50 minutes de la ville où nous vivions. Étant le plus jeune des enfants biologiques de ma mère, je suis le seul enfant qui ait passé mon enfance sans aucune présence de mon père.
Après que les enfants de l’amante de ma mère soient allés à l’université, celle-là a commencé à habiter chez nous à la ville. J’ai vécu avec toutes les deux pendant une époque brève avant la mort de ma mère à l’âge de 53 ans. J’avais alors 19 ans. Dit d’une autre façon, ce n’est que moi qui ai connu la vie sous le « parentage gay » comme cela se comprend actuellement.
Simplement, être un enfant de parents gays m’a posé beaucoup de difficultés, et ce n’est pas à cause des préjugés des voisins car les gens de notre ville ne savaient pas vraiment ce qui se passait chez nous. D’après eux, j’étais un élève bien éduqué, bien formé, ayant des bonnes notes à la fin de mes études au lycée.
Cependant, intérieurement, j’étais perdu. Quand votre vie domestique est si différente de la vie des autres, d’une manière si fondamentale au niveau des rapports humains, on devient bizarre. Je n’ai pas de maladie psychologique ni de problème biologique. Je n’ai eu qu’une enfance dans un foyer si atypique que j’étais destine à être toujours socialement exilé.Les gens de mon age, eux ont appris dans leur enfance toutes les règles non écrites de comportement et le symbolisme des gestes dans leurs familles.
Ils comprenent ce que l’on doit dire dans telles situations, et ce qu’il ne faut pas dire. Ils ont observés les habitudes traditionnellement masculines ainsi que celles traditionnellement féminines.
Même si les parents de mes collègues avaient divorcés (beaucoup d’eux l’étaient), pendant leur jeunesse, ils ont pu voir des exemples typiques de relations hommes et femmes. Des hommes, ils ont été enseigné a avoir le courage; des femmes ils ont appris la gentillesse. Ce sont des stéréotypes, bien sûr, mais les stéréotypes peuvent être utiles quand on quitte la sécurité de la maison d’une mere lesbienne pour aller travailler et survivre dans un univers où tout le monde suit les manieres de vivre stéréotypiques, y compris les gays.
Moi, je n’avais eu aucun exemple masculin à suivre. Mes mères n’étaient ni comme les pères typiques ni comme les mamans typiques. Donc les signes que je donnais à des amis potentiels aussi bien mâles que femelles n’étaient pas bien compris. Je manquais de confiance et je n’étais pas sensible aux autres. Il m’était difficile de me faire des amis et ceux que j’ai pu avoir se sont éloignés assez rapidement de moi.
Les gays qui ont vecu leur enfance dans leurs familles hétéros ont souvent souffert à cause de leur sexualité mais au moins quant à l’univers d’adaptations sociales hors de la sexualité — savoir agir, parler et comment se comporter — ils profitaient ce qu’ils avaient appris chez eux. Beaucoup de tels gays ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont eu d’être élevé dans un foyer traditionnel.
La vie chez moi ne suivait ni de traditions, ni de conventions. J’y ai souffert pour des raisons qui sont difficiles à classifier pour les sociologues.
Souvent nerveux mais aussi brusque avec les autres, je paraissais anormal même dans les yeux des adultes gays et bisexuels qui avaient très peu de patience avec quelqu’un comme moi. Même les homosexuels m’ont perçu comme bizarre tout comme les hétéros.
La vie est dure pour un mec étrange. Jusqu’à maintenant, je n’ai que peu d’amis. Souvent je resens que je ne comprend pas les autres à cause de leur manières d’agir basées sur les genres que tous autour de moi, hétéros et homos, prennent comme un fait accompli sans se rendre compte que pour moi c’est tout un mystère. Je suis travailleur et j’apprends les choses rapidement, mais j’ai eu des difficulties dans mes different emplois parce que mes collègues me trouvaient bizarre.
Quant au comportement sexuel, les gays élevés chez les couples traditionnels ont profités au moins de voir les rites typiques de romance et d’amour autour d’eux. Moi,J’étais maladroit quand j’essayais de faire la connaissance de filles. Quand j’ai quitte la maison de ma mere, j’étais tout de suite vu comme une personne étrange à cause de mes manières féminines, mes vêtements sots, et mes folies.
J’étais vierge quand je suis allé à l’université. Au lycée, je n’ai jamais pu trouver de petite amie.
À l’université, tout le monde me prenait pour gay et le groupe LGBT est tombé sur moi tout de suite pour m’informer que j’étais homosexuel sans aucun doute. Quand je me suis déclaré bisexuel, ils ont dit à tout le monde que j’étais menteur parce que j’avais trop peur de me déclarer gay ouvertement. Effrayé et triste après la mort de ma mere, j’ai quitté l’université en 1990 et suis rentré dans ce qui ne peut s’appeler que le souterrain gay. Là j’ai vu et vecu des choses affreuses.

Seulement à l’âge de 28 ans je me suis trouvé subitement lié romantiquement à une femme, par des coïncidences qui ont choquées tous ceux qui me connaissaient ainsi que moi-même. Je m’appelle bisexuel parce-qu’il faudrait un long roman pour expliquer comment j’en suis arrivé à une vie « hétéro » après avoir vecu 30 ans en tant que gay. Je ne veux pas non plus subir les attaques par les activistes gays qui aiment chercher et détruire les « ex-gays, » « closet cases, » ou « homocons. »

J’ai vecu une vie particulièrement à propos pour comprendre les questions sur les gays, mais la première personne qui a fait contact pour me remercier de mon point de vue quant au sujet gay a été Mark Regnerus, dans un courriel le 17 juillet 2012. Je n’étais pas inclus dans son étude considerable mais il a apperçu un commentaire que j’ai laissé sur l’internet et il m’a écrit pour m’en demander plus.
J’avais vécu 41 ans et personne — y compris les activistes gays — ont voulu que je parle des vérités compliquées de ma vie gay. Pour cette raison Mark mérite assez de respect—et les gays devraient l’apprécier au lieu d’essayer de le réduire au silence.

L’enquête de Regnerus a trouvé 248 adultes qui avaient eu des parents avec une vie conjugale de même sexe. En pouvant parler franchement avec le recul de la maturité, ils ont donné des réponses qui n’aidaient pas le mouvement pour le mariage gay. Bien sur, c’est presque evident car c’est difficile être un enfant different des autres. Ces difficultés augmentent le risque que ces enfants deviennent mal adaptés et cherchent à se soulager à travers l’alcool et d’autres façons dangereuses. Chacun de ces 248 questionnaires doit reveler une histoire personnelle vécue sans aucun doute avec beaucoup de complexités.
Comme la mienne, chacune de ces 248 histoires mérite d’être dite et entendue. Le mouvement gay fait tout pour les effacer
Mais pour moi les histoires sont plus importantes que les chiffres (je suis professeur d’anglais), et Regnerus a trouvé par hasard un trésor de récits.
Pourquoi est-ce que les chefs gays exigent le silence de nous?
De mon point de vue, je ne peux que faire des speculations. Je garde fort dans mon coeur la mémoire de ma mere. Elle a fait beaucoup de bonnes choses pour moi mais en même temps, je veux parler franchement des difficultes que j’ai eu d’avoir traverser après avoir été élevé par un couple du même sexe. Les études antérieures ont examiné les enfants qui habitaient encore avec leurs parents gays. Naturellement ces jeunes n’avaient pas la liberté de vraiment s’exprimer sans peur car ils se devaient d’être des enfants loyaux. Ils se seraient ressenti coupables pour n’importe quelle réponse mauvaise et personne ne veut être puni une fois que l’entrevue est finie.
Moi, j’ai essayé d’en parler honnêtement et pendant des dizaines d’années on m’a dit de me taire.
Par exemple, Darren E Sherkat, professeur universitaire de Southern Illinois University a Carbondale, a donné une interview a Tom Bartlett du Chronicle of Higher Education. Là il a dit que le recherche de Mark Regnerus n’était que de la « connerie. » Parmi les problèmes avec l’étude que Sherkat a identifié, il y aurait selon lui un probleme avec la définition de mères lesbiennes et de pères gays—ce qui a été un point de critiques aussi pour beaucoup d’autres. Dans cette étude, une femme était considérée comme une mère lesbienne , même si après la naissance de son enfant, son rapport lesbien était bref et même si les deux femmes n’avaient pas elevé l’enfant en tant que couple.
D’après Sherkat, ce fait-là aurait dû  » tuer la crédibilité de cette étude tout de suite » et le rapport n’aurait jamais dû être publié.
Il y a un gros problème avec une telle approche par Sherkat sur l’oeuvre de Regnerus. C’est comme le poulet et l’oeuf; qui vient d’abord? Sherkat emploie le mot <<LGBT>> mais il discrimine contre les bisexuels, en donnant tout le pouvoir aux gays et lesbiennes.
Les enfants des LGBT viennent d’où? Si les parents sont 100% gays, soit quelqu’un a fait l’insémination artificielle ou le substitut d’utérus (surrogacy), ou encore l’enfant a été adopté. Mais ces cas-ci sont d’un pourcentage très petits chez les parents LGBT. Il serait bien difficile d’en trouver plus d’une douzaine parmi des milliers d’adultes choisis au hasard.
La plupart des parents LGBTs sont comme moi et ma mère—officiellement bisexuels, les Bs oubliés de LGBT. Nous avons des enfants parce que nous avons aussi fait l’amour avec l’autre sexe. C’est compliqué quand on a conçu un enfant en ayant des relations sexuelles avec le sex oppose tout en ayant toujours un désir pour le même sexe . Selon Sherkat, cette situation ne peut pas être comptée parce qu’elle corrompt la pureté du parentage homosexuel.
Je soupçonne que les enfants élevés par des parents gays vont être naturellement plus curieux au sujet de l’homosexualité sans être vraiment gays. Donc il est possible qu’ils soient plus bisexuels que’homosexuels (comme moi). Cela veut dire que les enfants des parents LGBT vont être ignorés par les mêmes professeurs qui disent maintenant qu’ils luttent pour les droits de leurs parents.
Ceux qui sont 100% gays peuvent voir les bisexuels avec un mélange de dégoût et de jalousie. Les parents bisexuels menacent la rhétorique du parentage gay car nous avons le choix de vivre en tant que gays ou hétéros et il nous faut décider l’environnement sexuelle du foyer où nos enfants sont élevés. Il y a des gays qui croient que les bisexuels ont une vie plus facile, mais en vérité, nos soucis sont plus lourds. A la différence des gays, nous ne pouvons pas dire que nos décisions ont été forcées par la nature. Nous ne pouvons que prendre la responsabilité de ce que nous faisons en tant que mères et pères . Nous vivons avec un sens de culpabilité, de regret, et de critique de soi même pour toujours.
Nos enfants n’arrivent pas sans un fardeau légal. Bien que je sois bisexuel, je suis un homme qui ne peux pas jeter dehors la maman de ma fille comme un ancien incubateur qui ne marche plus. J’ai dû aider ma femme pendant les difficultés de sa maternité et sa tristesse après la naissance. Quand elle fait face à la discrimination contre les femmes dans les sites d’emploi, il me faut être patient et l’écouter. Son plaisir sexuel m’importe.
Une fois que je suis devenu père, j’ai choisi de quitter la vie gay, de ne jamais divorcer ma femme ou faire couple avec quelqu’un d’autre, soit femme ou homme. Je l’ai choisi pour protéger mes enfants contre des drames qui les nuiraient même plus tard comme adultes. Les parents se posent des questions morales concernant le bien de leurs enfants …. pour toujours.
L’analyse de Sherkat ignore la valeur des efforts émotionnels et de contrôle sexuels que les parents bisexuels font pour leurs enfants. Les problèmes notés dans la recherche de Regnerus montrent que ces travaux sont compliqués et assez difficiles. Je ne le trouve pas injuriant; tout cela me rappelle que je suis responsable avant des besoins de mes enfants avant ma joie sexuelle personnelle.
Il y a beaucoup de personnes qui ont rejetées mon histoire en disant ces « six mots »: »Mais tu es politiquement de droite. » Oui, je le suis. Pourquoi en suis je arrive politiquement de me trouver du coté de la droite. ?
Cela est parce que j’ai vécu toute ma vie dans un espèce d’environnement anti-normal, marginalisé, et opprimé que la gauche adore. Je suis un intellectuel Latino et bisexuel, élevé par une lesbienne et qui fut un jeune homme pauvre, habitant au Bronx. Je suis assez perceptif pour savoir que les idées radicales gauchistes n’aident pas les personnes dans de telles situations que moi. Le slogan que tout sexe est égal et personne ne doit juger est vraiment terrible. J’ai nettoyé assez d’appartements d’hommes morts à cause du SIDA parmi les gays du Bronx pour comprendre que sans la résistance à la tentation sexuelle, une société humaine n’est pas possible. Le sexe peut nous affecter non seulement par les maladies infectieuses mais aussi en nous rendant vulnérables. A cause de passions sexuelles, nous pouvons nous accrocher a ceux qui ne nous aiment pas. Nous pleurons a cause de ceux qui nous quittent et nous ne savons pas comment échapper à ceux qui nous aiment mais que nous n’aimons pas. La gauche ne comprend rien à cela.
Voilà la raison pourquoi je suis devenu conservateur.
Après 41 ans de silence et d’aliénation, je vois avec une tragique ironie que les activistes gays veulent ignorer la vie de personnes comme moi parce que nous ne sommes pas considérés assez importants pour être inclus dans leurs échantillons de recherche. Dr. Sherkat considère ce genre d’information de la « connerie ». Depuis 25 ans, nous entendons la même rhétorique . On parle de LGBT, mais les bisexuels ne comptent pas, grâce aux chercheurs comme Sherkat. On parle de « queers » mais souvent, les activistes queers se limitent a côtoyer et n’être amis qu’avec des gens normaux avec qui ils organisent des fêtes charmantes en bavardant bien entre eux au milieu de leurs meubles Art Deco.
Je remercie Mark Regnerus. Ce n’est pas de la connerie qu’il fait. Ce qu’il fait m’aide parce que sa recherche reconnaît ce que les activistes gays ont tâchés d’effacer ou au moins d’ignorer. Que l’homosexualité soit choisie ou naturelle ou que le mariage gay soit légal ou pas, l’enfant « bizarre » a une vie difficile. Merci à Prof. Regnerus pour prendre le temps pour nous étudier.
Robert Oscar Lopez enseigne la littérature américaine et l’antiquité à Los Angeles. Il a publié Colorful Conservative: American Conversations with the Ancients from Wheatley to Whitman avec University Press of America en 2011 Le Droitiste Colore: Les Discours Américains dans l’Antiquité de Wheatley à Whitman.) En 2013, T.L. Shreffler va publier trois de ses romans sur la vie gay. Le prémier, c’est Johnson Park, en mars 2013. Après ça c’est Gay Wars en juin 2013 et l’Affaire Melville en décembre 2013.

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EGALITE, QUAND TU NOUS TIENS…

En ces temps où l’on entend beaucoup parler de droit à l’égalité, j’aimerais vous entretenir quelque peu du sujet à propos d’un fait divers relativement banal pour ceux qui ont la chance ou parfois la malchance de fréquenter les réunions d’équipe éducative. Pour les non initiés, il s’agit de réunions qui ont lieu dans un cadre scolaire et dont le but est d’établir ou de renouveler un Projet Personnalisé de Scolarité (PPS pour les intimes) destiné à l’intégration scolaire des enfants en situation de handicap.

J’assistais donc il y a une semaine à une réunion d’équipe éducative pour un de mes patients autiste de haut niveau. Toujours pour les non initiés, autiste de haut niveau ne signifie pas que le patient est très très très autiste mais qu’il présente des capacités intellectuelles dans la norme, voire parfois au dessus et qu’il possède un langage. Alors me direz-vous qu’est-ce qui fait de lui un autiste? Et bien un certain nombre de détails subtils , non visibles à l’oeil nu et pourtant très invalidants pour la vie sociale et relationnelle. Les personnes autistes de haut niveau perçoivent difficilement les intentions et les émotions d’autrui, elles ont parfois difficilement accès à leurs propres émotions, elles ont souvent des difficultés à accéder à la polysémie (i.e. le fait qu’un mot puisse avoir plusieurs sens), elles comprennent difficilement les images et les métaphores (et oui les paraboles ne leurs parlent pas trop!). Parmi ce cortège de difficultés, elles ont également du mal à généraliser leurs acquis (à savoir qu’une connaissance apprise dans un contexte donné ne peut parfois pas être restituée si le contexte est modifié). C’est pour cela que, depuis la récente loi de 2005 sur la scolarité des enfants en situation de handicap, elles se voient proposer par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (souvent non sans mal) la présence d’une auxiliaire de vie scolaire (AVS toujours pour les intimes) Laquelle a le devoir d’aider l’enfant à remédier à ces difficultés…

Or donc, j’étais présent à cette réunion d’équipe éducative où on se félicitait du fait que mon jeune patient s’intégrait assez bien à la classe et suivait plutôt bien les cours qu’il comprenait grâce aux reformulations de son AVS. En revanche grosse inquiétude en ce qui concernait les évaluations. Les résultats n’étaient pas à la hauteur de ce à quoi on s’attendait et on commençait déjà à supputer un éventuel redoublement lorsque je m’avisais soudain d’un détail: « Killian bénéficie-t-il de la présence de son AVS lors des évaluations? »-« Bien sûr que non ! »- me fut-il répondu.- « Ah bon, et pourquoi cela? »- m’enquis-je à nouveau-« Mais parce que ce ne serait pas équitable vis à vis des autres. »-profond soupir de ma part…

Il m’a donc fallu expliquer ce qui à première vue m’avait semblé évident (il faut croire que cela ne l’est pas pour tout le monde) que si Killian avait besoin de son AVS pour comprendre ce qu’on attendait de lui en situation d’apprentissage, il en allait de même en situation d’évaluation, que lui resituer oralement le contexte par rapport à ce qu’on attendait de lui n’était nullement attentatoire au principe d’égalité, bien au contraire, et que la justice et l’équité consistaient à traiter différemment des situations différentes. CQFD

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GAUDE FELIX LUGDUNUM

Fort de notre rencontre au Sénat relatée dans un précédent billet, mon ami G. B. m’avait fait l’honneur de me demander de parrainer l’association lyonnaise Cosette et Gavroche. Ce samedi 17 novembre j’ai donc décider de délaisser notre capitale parisienne  pour  la capitale des Gaules, baptisée dans le sang des premiers martyrs chrétiens pour aller prêter mon concours à cette association en allant manifester à Lyon pour la défense du mariage entre un homme et une femme (je sais qu’en d’autres temps cette précision eût été superfétatoire et que les choses fussent allées sans le dire mais depuis l’arrivée du progrès, il semble que ça aille mieux en le disant).

Me voici donc débarquant de la gare de la Part Dieu avec mon sac à dos et après quelque péripéties pour parvenir au terminal du funiculaire arrivé chez Natalia  et Benoit, sans oublier leurs trois enfants (dont une avec varicelle) où j’ai reçu un accueil chaleureux. Après un repas pris à la hâte (une volaille avait été immolée pour l’occasion), et un petit trajet à pieds nous voilà tous trois arrivés sur une place Bellecour grouillante, pavoisées de ballons bleus et roses. Vu le bruit de la foule j’ai rapidement  du renoncer à retrouver les cousins jurassiens qui m’avaient laissé leur numéro de portable ainsi que Charles et Iris qui m’avaient donné rendez-vous sur les lieux. Nous partîmes donc en tête de cortège sous les noms d’oiseaux lancés par quelques militants LGBT, présents au départ, auxquels les manifestants répondirent par de grand sourires et un lâcher de bisoux message: « on vous aime » (même si apparemment ce n’était pas réciproque). Arrivé boulevard Herriot, Il était convenu de se poster pour guetter l’arrivée du cardinal Barbarin. A ce moment précis j’ai du m’éclipser pour racheter un chargeur de batterie IPhone dans le magazin SFR le plus proche (les batteries de cet indispensable appareil montrant des signes de faiblesse et mon chargeur étant malencontreusement resté chez moi). C’est ainsi que j’ai loupé l’arrivée du primat des Gaules. M’en remettrais-je un jour? Il faudra bien (moi qui répète souvent que la frustration nous structure…). Pour consolation, j’assiste au passage de quelques dizaines d’élus dûment écharpés de tricolore qui seront vivement applaudis.

Arrivé place de l’hôtel de ville devant lequel était massé le gros des troupes LGBT derrières les cordons de CRS, je décide de laisser Natalia et Benoit poursuivre et d’attendre patiemment les cousins du Jura ainsi que Charles et Iris qui venaient de m’envoyer des SMS alors qu’ils quittaient à peine la place Bellecour.

Au bout de vingt bonnes minutes d’attente où j’ai pu assister au passage des délégations de Savoie j’ai pu assister en direct à une échauffourée, plusieurs militants LGBT tentant de contourner le service d’ordre pour se jeter sur la foule des manifestant dans laquelle étaient présents de nombreux enfants dont certains en poussette. Rapidement maîtrisés par les forces de l’ordre (selon l’expression consacrée), j’ai appris plus tard que certains d’entre eux étaient armés. Quelques vingt bonnes minutes plus tard arrivée des cousins jurassiens venus en bus spécialement affrété et que je laisse repartir, puis de Charles et Iris avec lesquels nous avons terminé le trajet nous mêlant à une foule bigarée, de tous âges et de toutes origines, loin du fameux cliché des couples du 3ème âge et des dames au serre-tête, ou l’on voyait réunis autour des même slogans le professeur d’université et la jeune femme musulmane voilée. A noter au passage last but not least, la présence des représentants de l’association « plus gay sans mariage »

Ce que j’ai vu à Lyon dans la rue, c’est l’ensemble du peuple de France. Celui qui a conservé la tête sur les épaules et qui clame son droit à la parole pour faire valoir le bon sens et la raison à la face  des élites gouvernantes et médiatiques minées par des idéologies auxquelles elles s’accrochent telles des berniques à leur rocher.

Arrivés sur le coup de 17h30 sur une place Bellecour à nouveau grouillante, le cortège pas encore achevé (on nous annonce 27000 marcheurs), nous décidâmes tous trois de rentrer chez Natalia et Benoit non sans être allés nous recueillir à la Primatiale Saint Jean (il fallait bien me remettre de ma frustration du début d’après midi après avoir loupé l’arrivée du cardinal).

Fin de soirée autour du pot de rillettes acheté le matin même sur le marché de la Ferté Bernard et de foies de volaille cuisinés par Benoit, le tout arrosé d’un excellent Chardonnay.

Le lendemain messe dominicale et action de grâces à la paroisse Saint Irénée avec Natalia et ses deux ainés puis retour après un excellent repas préparé par Benoit.

Gloire à Lyon capitale des Gaules qui redresse l’honneur d’une France qui semble sombrer dans la déraison!

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